Epoques épiques

De A à Z : le tour d’un peloton improbable et cosmopolite aux talents multiples surgit des temps héroïques. D’Edmond Audemars à A.-A. Zimerman en passant par Hélène Dutrieu. Richement illustrée, la publication compte 56 pages plus 4 de couverture.

Le prix de vente est de 25 francs  (22 euros) + les frais d’envoi.

En voici un extrait :

Ernst Kaufmann, à plus d’un titre

Vingt et un titres individuels de champion de Suisse (piste et route confondus), sept médailles aux Mondiaux de vitesse sur piste (1 en or en 1925 à Amsterdam, 3 en argent, 3 en bronze). Le compte est bon. Ernst Kaufmann fut le meilleur pistard suisse de l’entre-deux-guerres.

A son sujet, Vélo Gotha fit le commentaire suivant : « Puissant, il misait sur son très long déroulé ; son jeu en apparaissait parfois monocorde. »

Professionnel de 1917 à 1931, Kaufmann signa quelque 800 succès durant une carrière entamée en 1912. Il inscrivit son nom au GP de Paris en 1923 et 1927. Suffisant, largement suffisant, pour que Le Miroir des Sports lui consacra sa « une » le 12 juillet 1923. En plein Tour de France. Alors que Lucien Buysse avait fait sienne la 8e étape Perpignan – Toulon et qu’Ottavio Bottechia occupait, provisoirement, la tête du classement général.

Une semaine plus tard, l’hebdomadaire sportif s’attacha à brosser le portrait d’Ernst Kaufmann. « Sous son maillot rouge marqué de la blanche croix de Genève (sic), Kaufmann a une très jolie allure à bicyclette. Il est puissant et souple. Ce n’est pas un hésitant et il part généralement loin du poteau, gardant dans le sprint une aisance très plaisante. L’oisiveté n’est pas son défaut. Il court énormément. »

Auréolé du titre mondial, Ernst Kaufmann s’était livré, en 1926 à une fructueuse tournée aux Etats-Unis (13 succès sur 21 courses).

Côté cour, l’Argovien avait aussi droit à des propos élogieux : « Doux, modeste, presque timide, ce grand garçon de vingt-huit ans, très sympathique et toujours souriant, a, dans la rue, l’allure d’un gentleman. » 

Passons le témoin à notre aîné Max Girardet. Avec cet extrait tiré d’un ouvrage collectif, initié par Jean-Pierre Mérot, et intitulé Les heures glorieuses du cyclisme suisse paru chez Edita en 1981. « A de nombreuses reprises et notamment dans les Grands Prix des capitales européennes, Kaufmann battit tous les meilleurs sprinters de l’époque. Il eut pourtant à lutter face à deux des plus fameux champions de tous les temps : le Hollandais Peter Moeskops (cinq fois champion du monde) et le Français Lucien Michard (quatre titres pros, deux titres amateurs). En 1924, le Français glissa également l’or olympique de la spécialité dans son escarcelle. Les matches se disputaient alors une seule manche. A Amsterdam, en 1925, d’aucuns voulurent contester son titre, prétextant que, dans la finale en une manche contre Maurice Schilles, il l’avait gêné. L’intéressé admis qu’il l’avait fait mais involontairement. En 1926, à Milan, Kaufmann fut peut-être privé du titre par une erreur flagrante du juge unique. »

Alors au meilleur de sa condition, Ernst Kaufmann écrivit, en 1923, avec la collaboration de Fredy Budzinski, un livre intitulé Der Rannensport. Fliegerrennen.

Il prit congé de « son » public, sur « son vélodrome » d’Oerlikon le 28 août 1932. « Soit vingt ans après l’ouverture de l’anneau zurichois », précise le beau livre Rennbahn Oerlikon. 100 Jahre Faszunation Radsport édité par AS Verlag en 2012. Carrière terminée, Kaufmann construisit des vélos, oeuvra en qualité de représentant pour une marque de cycles et dirigea le Vélodrome de Zurich-Oerlikon en 1935/36.

Ernst Kaufmann vit le jour le 9 juin 1895, à Bellikon dans le canton d’Argovie et décéda le 20 décembre 1943, à Zurich. Il succomba à 48 ans des suites d’une maladie rénale.